Pourquoi un site sur le suivi de la faune sauvage

Publié le par François Baillon & Damien Chevallier

Protéger la faune

Des milliers d'animaux sont suivis en permanence grâce à des balises Argos : oiseaux, mammifères marins et terrestres... Cette technique associant localisation et acquisition de données permet aux biologistes d'améliorer leur compréhension des comportements des animaux, leurs stratégies alimentaires, leur reproduction et leur adaptation au milieu. Les résultats de ces observations sont à l'origine des mesures de protection dont bénéficient un grand nombre d'espèces menacées. À l'intérêt écologique s'ajoute le besoin pour l'humanité d'approfondir sa connaissance de la biodiversité et des ressources qui constituent son environnement. (Cf www.argos-system.org)

International Programs

Aujourd'hui, plus de 5 000 animaux sont suivis à l'aide d'Argos dans le monde entier, notamment des mammifères terrestres, des animaux marins et des oiseaux. Les biologistes font appel à la technologie satellite pour obtenir plus d'informations sur les animaux qu'ils étudient. Une fois ces informations collectées et étudiées, il est possible de tirer des conclusions sur les routes migratoires et sur les zones de repos, les zones de reproduction et les zones d'hivernage et sur la manière dont les jeunes deviennent indépendants. Il est donc possible de soumettre aux autorités les informations nécessaires pour mettre sur pied des programmes de protection. Argos permet de prendre des décisions d'après les faits observés et non d'après des hypothèses.

Suivi des tortues marines

www.seaturtle.org/tracking/

Le Groupe de travail mondial sur les rapaces (WWGBP)

Le groupe de travail mondial sur les rapaces W.W.G.B.P. a été créé il y a trente ans et joue aujourd'hui un rôle important dans la promotion de la conservation des rapaces et la recherche au niveau international. Il compte aujourd'hui parmi ses membres plus de 3 000 spécialistes des rapaces et des passionnés dans le monde entier ; tous ceux qui s'intéressent aux rapaces sont les bienvenus. Le W.W.G.B.P. est un groupe actif qui suit les oiseaux pendant un an pour prendre des mesures de prévention. Les données reçues d'émetteurs satellites fournissent aux biologistes des informations notamment sur les routes migratoires, les zones de repos et d'hivernage, la vitesse de migration, l'orientation et la dépendance vis-à-vis des conditions météorologiques.

www.raptors-international.de

Registre mondial des espèces migratrices - Résumé

(basé sur Riede 2001: Global Register of Migratory Species. Weltregister wandernder Tierarten. Database, GIS Maps and Threat Analysis. Results of the R+D-Project 808 05 081. 404 pages + CD, p. 17ff). Translation de Ines Saad)

Les espèces animales migratrices traversent les frontières. Leur protection efficace nécessite donc une coopération internationale. Celles qui se trouvent en danger sont protégées par la « Convention de Bonn », un accord international qui compte actuellement 74 Pays membres (1. Juni 2001) (Convention sur la conservation des espèces sauvages migratrices – CMS: Convention on the Conservation of Migratory Species of Wild Animals). Les connaissances actuelles sur les migrations des animaux sont cependant insuffisantes et les données les concernant sont dispersées. En les synthétisant dans une base de données relationnelle reliée à un Système d’informations géographiques (SIG), le « Registre mondial des espèces migratrices » sert à soutenir la Convention de Bonn.


Cette base de données fournit des informations de base bibliographique et des références: sur les espèces et les populations, les cartes SIG et la bibliographie. L’unité de base du modèle de données GROMS est constitué par les « populations » définies soit d’un point de vue taxonomique jusqu’au niveau de la sous-espèce, soit géographiquement. Une telle différenciation s’impose en raison des variations considérables dans le comportement migratoire des différentes populations d’une seule espèce. En utilisant les meilleures informations disponibles, il a été possible d’établir une liste comportant 2880 vertébrés migrateurs. Elle contient leurs noms scientifiques avec les auteurs et leurs noms vernaculaires en allemand, anglais, français et espagnol. De plus, sont indiqués l’intensité de menace qui les affecte, telle qu’elle est mentionnée dans la Liste rouge internationale, ainsi que leur statut de protection conforme à la CMS et à ses Accords ou aux annexes à la CITES. Les espèces migrant sur de longues distances de même que les migrateurs potentiels (« manque de données ») sont signalés. Tandis que les renseignements sur la migration des oiseaux sont recueillis intégralement, ceux sur la migration des mammifères, poissons et insectes se restreignent aux espèces économiquement importantes. Des déficits de connaissances considérables ont été constatés concernant les chauves-souris, les antilopes asiatiques, les petits cétacés, les poissons migrateurs de fleuves tropicaux et les insectes.


L’Annexe I de la Convention de Bonn mentionne les espèces migratrices en danger et oblige les Etats membres à les protéger directement de même que la conservation de leur habitat. Les espèces mentionnées à l’Annexe II sont immédiatement menacées et devraient être protégées par les Parties contractantes au moyen d’accords spécifiques se rattachant à la CMS. Une analyse de l’intensité du danger conformément à la « Liste rouge internationale » a révélé que d’autres espèces migratrices menacées ne sont pas répertoriées par la Convention de Bonn. C’est notamment le cas de 86 espèces de poissons migrateurs menacées. Pour cette raison, un élargissement correspondant aux annexes de la CMS et recommandé. En outre, il est nécessaire d’étudier en détail les migrations de poissons, largement inconnues dans les systèmes fluviaux tropicaux, en raison du grand risque que présentent les projets de construction de barrages dans ces régions.


Des cartes de répartition à l’échelle mondiale ainsi que des données ponctuelles des aires de repos d’ansériformes eurasiens ont été digitalisées pour 545 espèces dans un Système d’informations géo-graphiques (SIG). Cette série de cartes permet de répondre à la question – apparemment simple – à savoir quelles espèces se trouvent dans une zone délimitée. Une interface graphique innovante a été conçue pour la visualisation conviviale des cartes et des données, reliant les cartes SIG à la base de données. Ceci permet de rechercher des espèces spécifiques dans une zone ou alors la création de fiches techniques pour les espèces. Les menus pilotant les procédures de recherche et de collecte des informations ont été spécialement adaptées aux besoins de la protection de la nature. Une version pilote de ce poste de renseignements JAVA est interrogeable à http://www.groms.de.


78 cartes de répartition au total (essentiellement pour les espèces inscrites à l’Annexe I) sont présentées sous forme d’imprimés en fiche d’identification d’espèces. Pour donner un exemple d’application d’une analyse SIG, il a été procédé à un recoupement des cartes de répartition géographique des espèces d’oiseaux et de mammifères avec les frontières d’unités administratives (provinces, « länder »). Ceci permet d’obtenir une liste des Etats de diffusion pour chaque espèce ou une liste des espèces pour chaque pays, qui ont été intégrées dans la base de données. Le calcul du nombre d’espèces pour les différentes provinces ne montre pas le phénomène observé à plusieurs reprises, à savoir que la diversité des espèces migratrices augmente vers les tropiques, mais au contraire que le nombre d’espèces est élevé dans les régions tempérées. Il ne suffit donc plus de concentrer les mesures destinées à sauvegarder la biodiversité sur les centres de diversité tropicaux (« zones hot spot »), mais dorénavant une grande part de la responsabilité pour la conservation des espèces migratrices reposera plutôt sur les pays industrialisés et les pays à économie de transition de régions tempérées.


D’autres possibilités d’utiliser l’analyse SIG permettent d’identifier les menaces potentielles auxquelles sont exposées les espèces à cause des changements d’utilisation de la terre et le développement, des risques causés par les catastrophes écologiques, de la destruction des habitats ainsi que des conséquences des changements climatiques (« Global change »). Une première analyse a permis d’identifier les facteurs de risque ci-après, qui sont extrêmement importants :


  • Les fleuves et les zones humides sont particulièrement menacés par les besoins croissants en eau, la pollution de bassins versants et le drainage. Les zones humides constituent des habitats clés essentiels non seulement pour les oiseaux d’eau, mais elles revêtent aussi une grande importance pour de nombreuses autres espèces d’oiseaux et de poissons. Au cours de la dernière décennie, on a observé la destruction rapide et alarmante des mangroves en particulier, ce qui a des conséquences graves sur les écosystèmes marins.
  • Les espèces migratrices des écosystèmes marins sont menacées par la pollution de l’environnement, le développement intensif des zones littorales et la pêche excessive. Ces activités humaines menacent les mammifères marins (cétacés et pinnipèdes), les oiseaux marins et de rivage, les tortues marines et les espèces de poissons migrateurs. Le nombre d’albatros et de tortues marines diminue à cause de la pêche palangrière et du chalutage, et dans certaines régions ces espèces sont menacées d’extinction. Entretemps la pêche à la baleine est devenue un sujet explosif dans l’actualité politique, et la discussion sur les mesures de protection est menée essentiellement au sein des Accords se rattachant à la CITES et à la Commission baleinière internationale (CBI). Les « Mémorandums d’accord » et « des recherches ultérieures » ne sont pas des mesures suffisantes pour résoudre ces problèmes. Il est donc recommandé d’élargir les cadres législatifs de la CMS par des instruments exécutifs et des mécanismes de contrôle appropriés, tels que des observateurs en matière de pêche sur les bateaux de pêche ou la réalisation de procès modèles.
  • Le « Global change » (changement mondial du climat) aura des conséquences sur un grand nombre d’espèces migratrices, des conséquences qui augmentent et qui sont facilement vérifiable. Quoiqu’il soit difficile de mesurer, de pronostiquer, voire de combattre ces impacts, on a cependant obtenu certaines connaissances précises sur les conséquences « d’El Niño » ou sur le changement de la couverture neigeuse de l’Arctique. Certes, la « Convention de Bonn » ne pourra pas directement contribuer à la solution de ces problèmes, mais pour minimiser les risques de l’extinction de certaines espèces, il conviendrait de mettre en œuvre les recommandations suivantes:

    (1) Il faut maintenir une population élevée afin d’assurer le réservoir génétique indispensable pour les adaptations nécessaires aux changements des conditions environnementales et afin de diminuer le risque d’extinction de populations entières dû aux conditions climatiques.

    (2) La chasse et l’exploitation dont font l’objet ces espèces doivent être réduites, car une exploitation durable des populations affaiblies n’est pas assurée

    (3) La conservation de l’ensemble de l’aire de répartition et des habitats potentiels est indispensable afin de permettre l’adaptation flexible des itinéraires de migration.

Plusieurs liens de grande qualité :

http://www.circe-asso.org/french/index.html

 

http://www.cebc.cnrs.fr/

http://www.cms.int/index.html

Click the CMS logo to return the main entry page

http://www.groms.de/groms/French.html

 

GromsLogo

 

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