Circaète Jean-le-Blanc Circaetus gallicus

SUIVI du Circaète Jean le Blanc par l'équipe Cavallin, Chevallier & Baillon. 


Présentation du programme publié par le CREN (http://www.cren-poitou-charentes.org/article187.html).

Si le suivi satellitaire d’espèces d’oiseaux n’est plus une nouveauté, le Circaëte Jean-Le-Blanc en a rarement bénéficié. Avec ses 30g solaire, la balise de Microwave telemetry permet aujourd’hui de poursuivre l’étude de cette espèce phare par un suivi GPS satellitaire.

 

Deux Circaète ont été, à ce jour, équipé de balises Argos en France. Voici leurs histoires respectives :


L’aigle des serpents, dénommé Circaète Jean-Le-Blanc, est le roi des oiseaux sur le camp militaire (Vienne). Avec ses 1,80 m d’envergure et ses deux kilos, cet oiseau rapace fréquente le site de la mi-mars à la fin août avant d’entreprendre un long voyage vers l’Afrique où il passe la mauvaise saison. En effet, son régime alimentaire, composé essentiellement de reptiles, lui impose de quitter le site à l’arrivée de l’automne, avant que ses proies préférées ne rentrent en hibernation.

Il est rare et localisé sur le département de la Vienne où l’on estime sa population entre 6 et 10 couples reproducteurs.Ces couples sont essentiellement répartis autour des grands massifs boisés ou de landes du département.

Le couple qui occupe le terrain militaire de Montmorillon est suivi depuis 1992. Il a de très nombreuses fois changé géographiquement de zone vitale (nid et abords), en fonction de l’apparition d’activités humaines perturbantes (Moto-cross, ULM, Zone d’entraînement à l’explosif, création de pare-feux, ...). Cet emplacement vital, essentiel au succès de sa reproduction, est stabilisé depuis 1999 grâce aux efforts de prise en compte de ses exigences par les autorités militaires suite au travail de gestion environnementale concertée mené avec eux par le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes.

 

Plume
Plume

La femelle pond un unique œuf, une fois par an, voir tous les deux ans en fonction de la météorologie. Celui-ci représente ¼ de son propre poids. Il est couvé pendant près de 45 jours et l’élevage du petit occupe les parents jusqu’à la fin juillet / mi août avant son envol du nid. Dans les cas de météorologie défavorable (période pluvieuse prolongée) cet élevage peut s’étendre jusqu’à fin septembre !!!

Très sensible aux dérangements, notamment les stationnements humains à proximité de son aire, le circaète est très discret dans la construction de son nid. Il l’élabore souvent sur un pin, dans un bosquet de taille réduite. Son orientation favorite est le sud sud-est pour bénéficier d’un ensoleillement maximum.

 

« Plume » est l’oiseau juvénile issu de la reproduction 2007 du couple présent sur le site. Nous aurions pu lui donner des noms de militaires célèbres (, ou des prénoms issus de membres de nos familles ...mais il en a été tout autre ... n’y cherchez pas de signification autre que celle de personnifier l’oiseau plutôt que lui donner le numéro de sa bague ou de balise dont il est porteur. Il y avait des plumes sous le nid... d’où cette idée simplissime.

Situé sur l’un des petits bosquets résineux du site, le couple s’est installé dans un pin sylvestre de taille moyenne, juste à coté des 1000 hectares de landes qui forment un territoire de chasse privilégié pour les deux adultes.

Quel territoire possède t-il, Jusqu’où vont ses parents pour la chasse aux reptiles, à quels horaires, à quelle fréquence ... des questions essentielles lorsque l’on veut préserver une population vulnérable aux activités humaines, de manière générale.


Cliché B. Quintard (Loiret)


Un cadre géographique particulier et une étude officielle

Lundi 2 juillet 2007


Le site  : le Camp militaire de Montmorillon est situé à Montmorillon dans le département de la Vienne. Ce site militaire protégé, dont l’accès est réglementé, accueille cette étude scientifique particulière en concertation avec les autorités militaires.

Circaète Jean-le-Blanc
Circaète Jean-le-Blanc

Cette étude a été programmée dans le cadre de la démarche Natura 2000 car le site est une partie importante du SIC/ZPS « Brandes de Montmorillon ». Elle a fait l’objet d’une validation par le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux / Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris en 2006.

Elle est réalisée en partenariat avec l’Institut de Recherches et de Développement (François BAILLON) et le DEPE / CNRS de Strasbourg (Damien CHEVALLIER) qui possèdent une expérience forte dans le domaine du suivi satellitaire.


Ses objectifs  : l’équipement d’oiseaux adultes reproducteurs européens avec des balises Argos GPS Solaires, sur des individus adultes ou juvéniles, doit permettre le croisement des données relevées in situ, avec celles obtenues par l’utilisation du système Argos.


au niveau local, il s’agit de  :

- de déterminer précisément l’utilisation spatiale liée à la reproduction notamment par rapport au réseau de sites naturels locaux abritant des milieux de landes.
-  d’identifier le rôle fonctionnel d’un réseau de sites naturels en bon état de conservation dans le succès de la reproduction d’une espèce en fournissant des données essentielles à la compréhension des exigences de celle-ci sur ses zones vitales d’alimentation.
-  définir la zone et le mode de dispersion des juvéniles issus de la reproduction du couple.

Pour l’espèce et son éthologie, il s’agit de  :

-  mesurer sa survie, définir son temps de maturation sexuelle et son intégration dans une population générale.
-  localiser géographiquement ses voies migratoires notamment étuder l’utilisation du réseau de sites Natura 2000 européen dans la constitution de ses étapes migratoires.
-  Localiser ses quartiers d’hivernage africain.


Pour l’IRD et le DEPE, il s’agit de  :

-  localiser précisemment l’individu en Afrique subsaharienne pour recueillir des informations sur la nature et le degré d’anthropisation des milieux fréquentés et en corollaire sur l’importance des contacts entre l’espèce et les populations humaines locales.

Hibou Grand-duc

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