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Damien CHEVALLIER, Chercheur au Département Ecologie,
Physiologie et Ethologie du CNRS de Strasbourg, est né en 1973, dans le Maine et Loire. Passionné par la faune
sauvage dès son plus âge, il a toujours eu pour objectif de faire de sa passion son métier.
Ses activités de recherche ont toujours reposé sur une approche pluridisciplinaire, à l'interface entre l'écologie fonctionnelle, l'écophysiologie, biogéographie et les sciences sociales afin d’appréhender les variations spatio-temporelles des caractéristiques biologiques de certaines espèces animales.
ACTIVITES DE RECHERCHE
Damien a toujours été au contact du monde agricole comme en atteste par exemple sa formation BTA Polyculture-Elevage. Son expérience dans ce domaine lui a permit d’acquérir une culture humaniste, scientifique et technologique commune à l’ensemble des domaines de compétance de l’enseignement agricole. Il a ainsi abordé différentes thématiques telles que l’agriculture, l’interaction territoire-société, la gestion des resssources durables et non durables, ainsi que la gestion du vivant, en gardant toujours à l’esprit la relation Ecologie-Agronomie-Territoire.
1993: Durant son stage de BTA Gestion de la Faune sauvage, au sein du CNERA Cervidés-Sanglier (ONCFS, Montpellier), il a réalisé un suivi spatio-temporel par radiolocalisation, d’une population de sangliers (Sus scrofa linnaeus), dans la vallée de l’Hérault. Cette étude avait pour objectif de comprendre et caractériser l’occupation et l’utilisation de l’espace ainsi que le régime alimentaire des animaux, ceci afin d’identifier les dégâts agricoles. Pour ce faire, il devait capturer (cage-piège+téléanesthesie) puis équiper les animaux d’émetteurs-récepteurs, tout en effectuant des mesures morphologiques, ainsi que des prélèvements sanguins (étude génétique).
1995: Au cours de son stage de BTSA Gestion et Protection de la Nature, au sein du Parc National de Port-Cros (Ile de Porquerolles), il a réalisé une étude sur l’écologie de deux espèces d’oiseaux, le Puffin cendré (Calonectris diomedea diomedea) et le Tadorne de belon (Tadorma tadorna). Durant cette étude, il devait mettre en évidence les principales menaces pesant sur ces deux espèces durant leur phase terrestre, telles que la prédation par les espèces introduites (rat noirs et chats harets), la prédation liée aux Goélands leucophées, le dérangement des colonies par le public et la dégradation physique des sites favorables à la reproduction.
1996-1997 : Durant ses autres stages au Parc National de Port-Cros, il a réalisé une étude concernant un projet de confortement d’une population de la Tortue d’Hermann (Testudo hermani) sur l’île de Porquerolles. Il a étudié l’écologie de cette espèce, caractérisé et identifié les habitats pouvant l’accueillir et les menaces pesant sur elle (anthropisation de ses habitats, prélèvements par les touristes et incendies), sur l’ensemble de l’île.
1998 : Au cours de son stage de Maitrise, au sein du CNERA Avifaune migratrice (ONCFS), il a étudié l’utilisation spatiale des zones humides par l’avifaune migratrice dans la Réserve de Faune Sauvage du Rhin afin d’appréhender le fonctionnement des populations qui hivernent en France et de répertorier les habitats sensibles qui hébergent de nombreuses espèces durant la nidification et l'hivernage.
2000 : Durant son DEA Systèmes Spatiaux et Environnement (réalisé au sein de l’équipe Mammalogie de l’I.R.D de Bamako, Mali), il a étudié les recouvrements d’utilisation des ressources naturelles entre l'avifaune (sédentaire et migratrice) et les populations humaines dans le Delta Central du Niger. Les relevés terrain et les enquêtes qu'il a réalisés dans 12 villages lui ont permis de déterminer précisément l’utilisation spatio-temporelle des ressources par chaque village, qu'il a recoupé avec celle de l’avifaune. Il a ainsi identifié les zones subissant une importante pression humaine et les zones de quiétude pour la faune. Cette étude l'a amené à se familiariser aux techniques d’enquête, aux relevés de terrains, aux usages et traditions locales – indispensables au bon déroulement d’une étude en Afrique – et à maîtriser les outils de Télédétection et des Systèmes d’Information Géographique.
2002-2005 : Son Doctorat Physiologie et Biologie des Organismes, Populations, Interactions, soutenu le 14 septembre 2007, a été réalisée en co-tutelle entre l’UR 136 « Aires protégées et fonctions périphériques » de l’IRD de Ouagadougou et le Département Ecologie, Physiologie et Ethologie, Institut Plurisdisciplinaire Hubert Curien, du CNRS de Strasbourg (Directeur de thèse, Pr. Yvon Le Maho). Sa thématique de recherche principale était axée sur l’étude des besoins nutritionnels et spatiaux d’une espèce migratrice, bio-indicatrice, la Cigogne noire (Ciconia nigra) durant son hivernage et sa migration. Cette approche écologique, physiologique et biogréographique lui a permit de caractériser différents paramètres de l’écologie de cette espèce en menant des études de terrain de 2003 à 2005 à Nazinga (Burkina Faso), et un suivi satellitaire de 16 cigognes noires sur l’ensemble de l’afrique de l’ouest.
POST-DOCTORAT
Son Post-Doctorat s’est déroulé au sein du CNRS-IPHC-DEPE de Strasbourg sur une approche en écologie fonctionnelle visant à mettre en évidence les relations pouvant exister entre les paramètres biotiques (e.g. sédentaire ou migrant, âge, condition corporelle, etc.) de la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) d'un côté et les variations temporelles des paramètres abiotiques dans les habitats de reproduction et d'hivernage d'un autre côté. Pour répondre à une partie de ces questions, Il a effectué une mission en Mauritanie qui a été de courte durée, suite aux attentats du 24 décembre 2007 à Aleg. Le CNRS lui demandant de rejoindre la France, il a alors commencé sur le territoire national à exploiter une base informatique de milliers de données de baguages de cigognes blanches, afin d’étudier en particulier l’effet de la captivité sur le succès reproducteur. En effet, la population de cigognes en Alsace est constituée en grande partie d’oiseaux relâchés d’enclos, ces derniers ayant été ouverts autour des années 70 pour enrayer la chute brutale des effectifs de cette espèce.
Enfin, des cigognes vont bientôt être équipées de loggers qui enregistreront l’activité de ces oiseaux (vol, marche, prise alimentaire) et leur localisation par GPS. Cette approche lui permettra d’établir un budget-temps et de le relier aux différents traits d’histoire de vie des individus, et également d’évaluer le coût de la reproduction en fonction des caractéristiques intrinséques des oiseaux afin d’évaluer leurs besoins spatiaux et énergétiques.
TECHNIQUES DE CAPTURE DE LA FAUNE SAUVAGE
Depuis son plus jeune âge (Piégeur agréé de l’Union Nationale des Piégeurs Agréés de France) et durant son parcour professionnel (Stages faisant appel aux techniques de capture en France et en Afrique), jl a acquéri des connaissances dans la capture de diverses espèces d’oiseaux et de mammifères que ce soit en Europe ou en Afrique. Ainsi, il maitrise parfaitement différentes techniques de capture (e.g. téléanesthésie, filet japonais, cage-piège, clapnet, etc. et tous les pièges de la 1ère à la 6ème catégorie), étape primordiale pour l’étude d’une espèce animale sauvage devant faire l’objet d’un suivi en milieu naturel. Il peut donc réaliser les captures et le marquage de la faune, pouvant faire l’objet d’étude écologique et/ou épidémiologique, sur tout le territoire national et en Afrique.
EXPERIMENTATION ANIMALE
Son diplôme de responsable scientifique d'Expérimentation Animale (niveau 1), Spécialité Chirurgie Animale lui permet d’être autonome (sous réserve d’avoir les autorisations auprès de la Direction des Services Vétérinaires) durant des interventions qui nécessitent la manipulations ou le prélèvement sur animaux sauvages et/ou domestiques, dans le cadre d’une étude écologique et/ou épidémiologique.
EPIDEMIOLOGIE
Dans le cadre de sa thèse, il acquit de nouvelles expertises dans le domaine de l’épidémiologie via des missions effectuées avec François Baillon à l’IRD de Dakar, Sénégal (UR178, « Conditions et Territoire d’Emergence des Maladies »), où j’ai réalisé une étude d’expertise dans le cadre du programme EDEN (Emergence Disease European eNvironnemental) durant le mois de décembre 2005, dans le Parc National du Djoudj, le Lac de Guiers et le Delta du Fleuve Sénégal, sous la direction de J-P Gonzalez et J-F Mollez (Programme West Nile).
BIOLOGGING
Dans le cadre de ses études en écologie fonctionnelle, il a égulièrement utilisé le biologging comme outil complémentaire aux études de terrain. Son implication dans ce domaine, au sein de l’IRD et de l’équipe biologging du DEPE-IPHC (Y. Le Maho, Y Ropert-Coudert, Y. Handrich, J-Y Georges, S. Massemin-Challet, A. Ancel), lui permet d’avoir accès à une technologie adaptée (ex: loggers Gps avec accéléromètre 3D, balises Argos Gps solaire) à ses besoins en termes de suivi animal. De plus, dans le cadre du recueil des données biologiques des espèces animales sauvages, il est aussi impliqué dans un projet concernant les réseaux maillés (G. Chelius, INRIA, équipe biologging, DEPE-IPHC). Ce projet a pour but d’étudier les liens de proximité entre les individus, paramètre qui me parait essentiel lorsqu’on réalise une étude épidémiologique. Ainsi, le biolloging permettra, en condition naturelle, une analyse plus fine de la manière dont circule les virus et donc de définir la structure des contacts qui permettra de mieux appréhender les individus à risques. Enfin, la collaboration qu'il a initié entre l’IRD et le CNRS lui permet de poser un très grand nombre de balises Argos Gps sur des animaux, dans le cadre de programmes IRD (F. Baillon, UMR190) auquel je suis rattaché.
SIG ET TELEDETECTION
La plupart des études qu'il a réalisé ont toujours intégré l’utilisation des outils SIG et Télédétection. Ses compétences dans ces domaines ont un vrai rôle à jouer dans la compréhension de l’écologie des espèces puisqu’ils ont pour interêt de déterminer les composantes spatiales des habitats utilisés par un indidivu et/ou une population.
RESEAU INTERNATIONAL
Son expérience française et africaine (plusieurs années) lui a permit de tisser un réseau scientifique sur les deux continents, concernant des problématiques environnementales et plus précisemment écologiques et épidémiologiques. Outre les nombreux partenaires déjà mentionnés ci-dessus, il compte également l’UMR190 Unité des Virus Emergents de l'IRD (X. De Lamballerie, Marseille), l’UR 178 Conditions et Territoires d'Emergence des Maladies (J-P Gonzalez, Gabon, Sénégal, Burkina Faso, Thaïlande), le Laboratoire Commun de Microbiologie IRD/ISRA/UCAD (R. Duponnois, Dakar, Senegal), l’UR 022 Centre de Biologie et de Gestion des Populations (L. Granjon, B. Sicard, Y. Papillon, Khalilou Ba, Montpellier, Dakar (Sénégal), Bamako (Mali)), l’UMR Hydrosciences Montpellier (G. Mahé, C. Dieulin, Montpellier), le Muséum National d'Histoire Naturelle (F. Jiguet, O. Dehorter, L. Brucy, MNHN-CRBPO, Paris), le Groupe SUEZ Environnement (D. Bannier), la Direction Générale des Eaux et Forêts du Burkina Faso (U. Yameogo), du Senegal (Col Mandiaye Ndiaye, Daouda Sylla), et de la Mauritanie (Daf Ould Sehla Ould Daf Amadou Ba DAPL/MDE, Député M. Abdallahi Guelaye), l’Office National des Forêts (L. Tillon, P. Brossault, A. Perthuis, J-L Bourrioux, ONF), l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (D. Maillard, G. Delacour, H. Soucaze des Soucaze, J-P Larvol, J. Sentilles, ONCFS), l’Union Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage (D. Crickboom, UFCS), Union Nationale des Piégeurs Agréés de France (J-C Saulnier, UNAPAF), le Conservatoire du Littoral (J. Hirigoyen), le Conservatoire des Espaces Naturels (P. Cavallin), les Parcs Nationaux (P. Vandenbrouck, N. Gerardin, G. Delacour), les Réserves Naturelles (S. Gaillard), le Département de Zoologie de l’Université de Madrid (L.S. Cano Alonso, Espagne), ainsi que d’un très grand nombre d’associations françaises et internationales en rapport avec la faune (ex : LPO, Wetland International, BirdLife). Ce réseau prend toute son importance lorsqu’on veut étudier des espèces (sédentaires ou migratrices) dont le domaine vital et/ou l’aire de répartition est à cheval sur plusieurs regions, pays ou continents, pour entre autre faciliter les démarches administratives et logistiques sur le terrain.